Flippé, Ingrid : colloque de réflexions sur la thématique de la filiation, ses travers, ses valeurs, la rotondité nécessaire à porter à son développement et à son entretien

Si vous lisez les textes dans l’ordre inverse, vous êtes dans la bonne direction

Ne pensez pas que nos deux acolytes occupaient tout leur temps à nager, nager, nager, tout en tirant, n’oublions pas ce menu détail, chacun, deux demi-échasses roses coûtant grandement à l’aérodynamique de leur mouvements subaquatiques.

Parfois, ils faisaient une pause -et la planche- et il apprenaient à se connaître.

C’est ainsi que Flippé sut qu’Ingrid avait l’improbable particularité d’avoir deux pères. Durant une orgie du plus classique, une sombre histoire de tourbillon avait fait virer l’acte à la tournante, l’affublant par là même d’un père officiel resté à barboter dans les Antilles et d’un second qui, amusant détail, avait migré vers les bords d’Angleterre du Sud.

C’est donc cet autre père de Manche et la probabilité de le croiser dans le coin qui la rendaient quelque peu irritable ce matin-là comme ils abordaient le bras de mer. Maugréait-elle également quant aux moeurs de sa mère, à la mort de sa soeur, au sort de sa tante, à l’attente de sa fille, la retranscription de l’épopée ne le précise point, tout juste est-il à noter que le terme exact employé par Flippé fut « Encore plus irritable que d’hab’. »

Cela ne manqua pas, vous vous en doutez, et c’est tant mieux pour le récit, v’là t’y pas qu’ils croisent le dit daddy au large de Douvres comme celui-ci file le train à un banc de harengs. Vous imaginez la suite : de la meute en détresse, un hareng sort. Diversion classique, que faire ? Suivre à droite, poursuivre à gauche ? Boniface, le papa en second, ressent une vive douleur à l’arête gauche et stoppe d’un coup, tombant rostre à nez avec sa progéniture + Flippé.

Happiness-time ! Il les invita à venir se reposer un peu sur le morceau de ponton que les autorités portuaires avaient bien voulu mettre à sa disposition.

Flippé n’en pouvait plus et il posa la question qui le taraudait autant qu’il inonde à cet instant vos esprits.

« Qu’est-ce qui pousse un dauphin à venir se sédentariser dans un climat, certes océanique mais quand même baigné par des courants venus du pôle le rendant bien moins hospitalier au demeurant ? »

Boniface leur expliqua « Que, Yes I souffring d’arthrite et que, of course le anglais climat est plutôt rainy certes, que les courants everything etc mais faut bien confess, quand on a connu the ocean, la terre ferme c’est less humide ».

Evidence confondante qui ravit Flippé, lui dont le désir suprême… Pardon !! The supreme desire !! était de quitter la moiteur aqueuse à cause qu’il en avait marre de croupir en dedans.

Confortés dans le bien fondé de leur quête, ils repartirent de Douvres, laissant Daddy the second en lui waving au revoir du bout des nageoires…

Ingrid se mit à râler de n’être point davantage restée. What a surprise !

Par là pour la suite, SVP !

 

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9 réflexions sur “Flippé, Ingrid : colloque de réflexions sur la thématique de la filiation, ses travers, ses valeurs, la rotondité nécessaire à porter à son développement et à son entretien

  1. « Cet autre père de Manche » est sacrément bien formulé. Admirative du style.
    Et puis le hareng saur me fait penser à celui de Charles Cros, c’est une référence.

    Le Hareng Saur

    Il était un grand mur blanc – nu, nu, nu,
    Contre le mur une échelle – haute, haute, haute,
    Et, par terre, un hareng saur – sec, sec, sec.

    Il vient, tenant dans ses mains – sales, sales, sales,
    Un marteau lourd, un grand clou – pointu, pointu, pointu,
    Un peloton de ficelle – gros, gros, gros.

    Alors il monte à l’échelle – haute, haute, haute,
    Et plante le clou pointu – toc, toc, toc,
    Tout en haut du grand mur blanc – nu, nu, nu.

    Il laisse aller le marteau – qui tombe, qui tombe, qui tombe,
    Attache au clou la ficelle – longue, longue, longue,
    Et, au bout, le hareng saur – sec, sec, sec.

    Il redescend de l’échelle – haute, haute, haute,
    L’emporte avec le marteau – lourd, lourd, lourd,
    Et puis, il s’en va ailleurs – loin, loin, loin.

    Et, depuis, le hareng saur – sec, sec, sec,
    Au bout de cette ficelle – longue, longue, longue,
    Très lentement se balance – toujours, toujours, toujours.

    J’ai composé cette histoire – simple, simple, simple,
    Pour mettre en fureur les gens – graves, graves, graves,
    Et amuser les enfants – petits, petits, petits.

    Charles Cros

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