Agenda ironique de Septembre exercice 1 de 2 : donner la langue au chat !

Septembre est venu et deux ils sont, hardis et vaillants, pour diriger de mains d’experts l’agenda du mois.

Ci-après, écrevisse et Dodo expliquent tout dans leur chez-eux mieux que je ne saurais.

Dans ce premier opus de deux, nous allons parler non pas d’animal à puces mais de chat, non pas d’oreilles mais de langue, non pas d’objectivité mais d’ironie.

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Kfffff Kffff Ron Ron (**)

Un chat noir, coureur des gouttières de par le père, langue fort pendue de par la mère, s’en allait par nuit de lune pleine, cavalant à travers tuiles à la quête sinon d’une proie du plaisir.

A peine né, yeux encore clos, sur son berceau, qui n’était en fait qu’une boîte à chaussures de chez Pas-d’marques-pas-d’marques, s’étaient penchées d’improbables fées : un chien, une fillette vêtue de rouge, un loup en peluche et un calendrier agrémenté, chaque mois, d’une photo de forêt différente.

Coïncidence ou maladresse du karma, les quatre fées nouvellement promues étrennaient de concert leurs premiers pas en tant que telles.

Bref, pas une pour guider l’autre !

Au moment de formuler, comme de coutume, des voeux agréables, un « tu-seras-des-félins-le-plus-fort » ou autres « chasseras-oiseaux-aisément-d’une-griffe », jouèrent au « moi-d’abord-moi-d’abord » et les sorts jetés au même instant ricochèrent l’un sur l’autre.

Bouillabaisse de magie ainsi concoctée octroya à notre animal comme seule qualité un attribut exagéré.

Autant dire, et pour résumer l’affaire en 800 mots, pas un de plus… Je coupe cette phrase ici  afin d’économiser du mot pour plus tard… Donc, pour succincter l’affaire : le félin filait dans l’air, une langue longue de 4 pieds hors du gosier, bien plus longue que d’ordinaire car donnée quatre fois au même chat -lui- par de l’apprentie-fée X 4 pas habile de la baguette !

L’organe impossible à caser en une seule gueule débordait inexorablement en extérieur, chat devant veiller à poser pattes ailleurs que sur cette râpeuse juste bonne à écorcher ses coussinets.

De plus, l’imprévue extension partant à gauche à droite donnait prise au vent, troublant fortement du chat l’équilibre jusqu’à le faire choir quand il courait.

Cela lui avait déjà coûté trois transbordements de toit heureusement compensés par une salutaire faculté à retomber sur pattes avant que sol ne fut advenu.

Me croiriez-vous affabulateur grossissant la gêne de plus que de moitié que je surenchéris : l’appendice était bien plus qu’un cap, dépassait largement la péninsule.

Chat Rano, puisque c’était son nom, vivait mal l’affaire. L’objet-tourment le contraignait dans ses élans, le ramenant presque à condition canine tel le plus terrien animal qui soit.

Bien qu’il ne vécut que dans mon imagination, Chat Rano me faisait grand peine. Comme je vous dis !

L’histoire semblait, sauf intervention chirurgico-esthétique, sans solution.

Vint à passer le portail de mon conscient une idée.

Aussitôt la suivis-je et libérai-je le chat de ses entraves : son propriétaire mourut sans souffrir plus que de raison et la maison de sa naissance fut vendue pour un crouton de pain, les miettes furent distribuées aux oiseaux, les sacripants, et Chat-rano, bien qu’ayant ronronné avec application au maître des lieux sa dévotion jusqu’à trépas, fut sommé d’aller ailleurs trouver nouveau refuge à sa langue et lui.

Sorti baluchon sur l’épaule, yeux pour pleurer et langue pour baver, chat échaudé ne se dirige nullement vers d’autres maisons, part à l’opposé vers une forêt enchantée indiquée sur un panneau à 2 kilomètres.

Qui dit forêt dit arbres, qui dit arbre dit nid, qui dit nid dit oisillons, qui dit oisillons a tout compris.

Approchant de ces couverts accueillants, ses yeux reconnurent dans les frondaisons les galettes de branchages qui feraient désormais offices de garde-mangers. Ne restait plus qu’à défier l’apesanteur et cette langue qui plombait sa dextérité.

Échec sur le premier tronc qui s’offrit couvert d’épines; le deuxième ne fit guère mieux, sa première couronne de branches trônant un mètre au-dessus des possibilités du chat; l’écorce du troisième, bien trop fragile, céda sous l’assaut des griffes plantées, le renvoyant au plus près des racines se nettoyer le museau en terre.

Comme trois contrariétés ne sauraient suffire, apparurent les 4 fées de ses débuts, les mêmes avec quelques mois de pratique en plus, un Deug nécromancie appliquée pour l’une, une thèse-tarot bientôt présentée pour l’autre, des faits et gestes poudre-de-perlinpimpesques répertoriés au grimoire officiel pour les deux derniers.

N’ayant jamais vu de ses yeux ouverts les 4 fauteurs responsables de ses troubles, lesquels, erreur commise, avaient fui pour éviter remontrances,  le chat ne cracha pas, garda griffes rentrées, ne feula point une seconde.

« Que pouvaient lui vouloir ces 4 entités entourées de halos lumineux ? »

Un deuxième texte et quelques autres 800 mots choisis-triés  avec application restant en mon crédit, peut être aurons-nous un jour l’occasion de lire une suite à ce récit ?

 

(**) par ce titre audacieux, l’auteur n’a pas peur de dénoncer des choses honteuses qui méritent d’être dénoncées !

 

 

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16 réflexions sur “Agenda ironique de Septembre exercice 1 de 2 : donner la langue au chat !

  1. Je noterais quelques stéréotypes de mauvais aboi, si j’étais chienne : « coureur des gouttières de par le père, langue fort pendue de par la mère ».
    Mais va ! les fées sauront remettre en bon ordre ces sot-gre-nuitées, et poncer à toile douce la baveuse de l’amicharano.
    ❤ 😀

    • La technologie n’avançant qu’à pas mesurés vers l’Ariège, nous ne disposons pas encore du dolbysurround-type à même de répondre à vos louables exigences !
      Les fées auront-elles les capacités que vous leur prêtez…. Je le souhaite, je le souhaite vraiment !
      Merci à vous !

  2. Ben ça alors ! Donner sa langue ironique au chat alors qu’il en a déjà l’équivalent de quatre ! Et dénoncer toute la honte qu’est le plaisir de ronronner !
    Mais dans quel monde de fées étranges tout autant que bizarres ce chat, de belle pointure non précisée, (au même titre que la marque sur la boite, d’ailleurs, à moins que la marque ne soit justement « Pas-d’marques-pas-d’marques » dont je n’aurais pas connaissance…), nommé Rano, est-il allé en galère ?
    Pauvre de lui, j’attends la confrontation avec ces quatre fées, enfin, la suite, plutôt, devrais-je dire, ne sachant pas si rencontre il y aura. Enfin, vu le chiffre de quatre plus un, serait-ce alors la fondation d’un nouveau club sur un modèle déjà existant dans la bibliothèque rose, ou une toute autre direction que prendrait l’histoire ?
    En souhaitant que les 800 mots de crédit annoncés dans le texte trouvent espace à s’inscrire dans une suite bien ajustée, comme tu sais si bien agender, je m’en vais attendre sans impatience aucune, à tenter de trouver pour ma part et en ce qui concerne ma propre copie, ajustement d’ironie à rendre publique avant le 21 du mois courant.
    Et ne saurait trop exprimer mon admiration devant la construction stylisée de ce texte fameux, voire même pour ne pas déformer ma pensée, fameux texte, Point.

    • Jo, Merci !
      Ton innée faculté à succincter à profusion fait toujours naître des commentaires au dessus du lot du dessus ! Et c’est peu dire mais pas peu à considérer car d’aucuns, par des descriptions pompeuses et inadéquates ont si souvent et par trop d’occasions habiter l’espace vide de pages blanches qui auraient mieux gagné à^rester vierges !
      Mais tes écrits, eux, n’ont comme seule vocation que d’accompagner en délicatesse l’écrit ainsi commenté !

      J’attends avec impatience ta double copie d’ironique

  3. le chat avait neuf vies, il a maintenant quatre langues… soit 36 au total ! et faudrait encore y refiler la notre ? nenni non point !
    (blague à part, je m’esclaffe : c’est joliment mené de gouttière en couffin 🙂

    • Merci Carnets ! Et on n’oublie qu’il doit, par concomitance morphologique, avoir 36 pattes, ce qui explique qu’il retombe aisément sur au moins 4 d’entre elles. Faut-il pour autant le re-intituler « Mille-chat » ? Je ne saurais dire !

  4. J’ai donc lu la seconde partie avant la première, mais ce n’est pas grave! J’ai adoré la prise au vent! Je n’ai puréprimer un rire à la prise au vent. Ridicule devant l’écran, mais toujours bon à prendre un éclat de rire! Merci!!

  5. Et mince, moi aussi, j’eusse commencé par le suite…
    Bien retombée sur mes pattes, ma langue étant des plus normales ! Il est vrai que les Fées qui ont présidées à mon berceau se sont bien vengées sur d’autres points mais chut !
    Mais je veillerais désormais à boycotter tous les doudous, les chiens et les livres de Perrault… Quant aux calendriers, ils m’encombraient déjà bien trop… je m’en passerai !
    Ah, je comprends mieux la suite … qui m’a tant ébouriffée !
    Billets à ne pas laisser entre toutes les mains, âmes sensibles s’abstenir !
    Bouuuuh

    • Merciiii à toi !!! Quant à l’inversion des sujets, il ne faut y voir rien sinon trace d’une fourberie dodesque mue par un désir de vengeance depuis que j’enquête sur lui !!!… Bref, une franche rigolade entre amis !
      Les âmes sensibles te seront gré de l’avertissement lancé !!

  6. Ah, lire le second texte avant le premier est un exercice assez intéressant. On n’y comprend pas tout et puis à la lecture du deuxième qui se trouve être le premier, c’est la révélation ! Tout s’éclaircit, s’enchaîne, la lumière enfin ! Quelle imagination, que d’idées qui fusent en tous sens ! Mêler conte et formulaire administratif il fallait oser ! Bravo pour la performance ! 😀 !

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