Le chat de Schrödinger : une réinsertion difficile

31-Gremlins

Étude de cas clinique en date du 21 Mai 1935 réalisée sur une période de 3 semaines calendaires, du 25 Avril de cette année jusqu’au 14 Mai, sur la personne citée ci-après : chat de Mr Schrödinger que nous nommerons élément AX1 pour plus de commodités.

Mr Schrödinger a donc, comme stipulé dans l’annexe jointe au dossier, entreposé l’élément AX1 dans une boîte de type rectangulaire munie de 8 coins carrés et d’un couvercle opaque obturant toute visibilité, dans un sens comme dans l’autre.

Livré à lui-même, AX1 était cependant accompagné d’une fiole munie d’un élément radioactif amené, éventuellement, à se vider et à installer AX1 dans une position létale de son choix, couché sur un flanc, accroupi mais surtout mort.

Mr Schrödinger avait pour but de prouver que, tant que le couvercle restait fermé, on pouvait considérer AX1 comme, à la fois, vivant et mort selon l’évolution du flacon, cette expérience étayant une théorie qui, n’étant pas le sujet de cet exposé, ne sera pas davantage développée ici.

A la suite de l’expérience, à ouverture de la boîte, AX1 s’est révélé vivant et tâche nous fut donnée d’étudier la qualité de sa réinsertion sociale.

Nos résultats sont les suivants :

AX1 a présenté, dès les premiers instants une évidente dégénérescence de type canin, suivant son maître à la trace, remuant la queue mais pour montrer son contentement, restant couché au sol sans tenter une seule fois une escalade de meuble, ne montrant guère d’intérêt au passage d’une famille de mulots et fuyant devant un roucoulement de pigeon.

Il a cessé toute activité nocturne, n’a guère prêté patte aux diurnes, s’est installé sagement dans la corbeille prévue à son attention, respirant fort et bêtement en tirant la langue. On a également noté une sévère dégradation de son hygiène générale ainsi qu’un soudain goût prononcé pour la nourriture en boîte à odeur douteuse.

Il fut ainsi surpris en train d’enterrer des restes faisandés tandis qu’il cessait instantanément tout recouvrement de ses déjections.

Main courante effectuée auprès de la gent féline locale, AX1 nous fut présenté, antérieurement à cette expérience, comme un chat « tout ce qu’il y a de plus normal », fouillant les poubelles, attaquant les oiseaux, chipant un bout de saucisse sur le barbecue, se bagarrant avec grâce et lorgnant le hamster qui tournait, tournait, tournait continuellement dans sa roue, bien à l’abri dans une cage dont la F…** grille refusait de s’ouvrir malgré ses invectives griffères.

Depuis, il semble devenu principalement amorphe, ses seules proies se résumant à 2 bouts de bois rongés, un ballon « qui fait coin-coin » et une peluche d’ourson équipée de la même trace olfactive que la nourriture en boîte citée plus avant.

L’hypothèse étant que ce séjour enfermé prolongé associé à l’inconnue « vivant-pas vivant » émise par son maître auraient, par interactions concomitantes, provoqué en lui un dédoublement de personnalité avec perte de rationalité, nous avons effectué une batterie de tests pour aller plus avant :

  • lâché du 1er étage, AX1 a eu toutes les peines du Monde à se retourner pour atterrir communément et selon la tradition sur ses pattes. Étant parvenu à ce but quoique difficilement, cette expérience ne peut être considérée probante;
  • Mis en présence d’un nid garni d’oisillons auxquels on a préalablement retiré becs et ailes pour éviter ripostes, AX1 a regardé l’ensemble avec circonspection, ne sachant quelle attitude adopter. Il est apparu content, a bougé les oreilles, a aboyé deux fois, remué la queue en présentant clairement une attitude dite « de jeu » puis s’est détourné faute de solution adaptée à la situation vécue;
  • Posé en bord de gouttière, AX1 a rejoint avec force maladresse le bord de toit opposé dont il n’est descendu qu’avec le concours de l’équipe et en tremblant de tout son corps;
  • Posté à distance raisonnable de son maître (cinq mètres), il est venu immédiatement quand celui-ci l’appelait, sans hésiter, sans faire mine de partir à l’opposé ou de miauler pour lui proposer de le rejoindre, lui.
  • Mis à disposition de l’équipe cynophile, il a passé tous les tests avec une obéissance et un respect des consignes qui ont ravi les formateurs et ont confondu les chiens en présence, ceux-ci n’ayant pas relevé qu’ils avaient affaire à l’ennemi;

Conclusion : Nous proposons une réinsertion adaptée avec cursus de formation de sauvetage en haute montagne perfectionnement recherche en avalanche.

Ce texte en réponse aux interrogations légitimes de Monesille.

 

 

 

 

Publicités

11 réflexions sur “Le chat de Schrödinger : une réinsertion difficile

  1. Dites-moi, mon ami, il semble que vous ayez viré votre cuti côté scientifico-machiavélique ? Que vient faire Monesille dans cette galère ? Et pourquoi ce diable de chat psycho-canin ne poursuivrait-il pas sa réinsertion inadaptée non en haute montagne mais en basse besogne. C’est vrai quoi ? Il n’y en jamais que pour la montagne. Je hais la montagne, je déteste la montagne. Alors, si vous me l’envoyez poste restante, je vous le réinsère vite fait, moi, cet animalcule.

    • Je veux bien te l’envoyer pour rééducation, chère Anne, mais tu te prépares déjà un mois de Juin surchargé à tenter de dompter l’impétueux agenda ironique et sa troupe en furie… Je m’en voudrais de te créer plus de surmenage !!

  2. Ah ! je vois que tu es revenu de Copenhague ! Ton voyage s’est-il déroulé comme tu l’imaginais ? J’espère que tu as présenté mes salutations à Erwin !

  3. Je décline absolument toute responsabilité dans cette expérimentation sur un animal vivant, euh, non mort, euh, non, vivant, bref Schrödinger (wtf, il fait un concours avec Rorschach pour me faire devenir accro au dico !). Si il le faut absolument je peux prêter un chien pour expérimenter l’expérience inverse et qui a présentement tous les défauts du présentement chat. Autrement si Anne le veut pour l’été, c’est bien volontiers mais il ne faut pas qu’elle compte le rééduquer si facilement.

    • On pense aux êtres vivants mais qui se soucie de cette pauvre boite qui n’avait rien demandé ??? Maitenant qu’elle a contenu chat mort-vivant et poison, qui va vouloir d’elle ?? Finis les boulots de boite à Louboutin ou de coffre à secrets magiques qu’on décore amoureusement. Elle sera mise au rebut, ne gardera plus que de la paperasse de scientifique ou, au pire, finira remplie de litière…

Ron-ronne-moi un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s