Impatience !

oeuf

« Quand est-ce qu’on arrive ?… »

Pas de réponse.

456 en remet une couche « Papa, quand est-ce qu’on arrive ? »

– Tu veux me voir mourir ? C’est ça ? » Rétorquai-je !

Je regarde dans le rétroviseur. Personne. Banquette arrière vide. Ce qu’elle peut encore être présente celle-là, même loin dans la campagne chez ses parents adoptifs imaginaires…

(voir là si tu n’avais pas suivi https://1pattedanslencrier.wordpress.com/2010/04/21/dans-sa-jeunesse-georges/)

456 est loin mais elle est devenue cette petite voix, vous savez une de ces voix qui vous horripilent à tenter de vous montrer la voie alors que vous refusez d’écouter.

J’ai hoché la tête… Puis j’ai accepté d’écouter… Et de répondre.

« Non, on n’est pas arrivés. Quand je serai arrivé, il me faudra repartir, c’est comme ça la vie, 456… Ok… »

Je me suis garé, j’ai éteint le moteur et j’ai pris cette petite voix sur mes genoux.

Faut imaginer ! Je l’ai prise virtuellement sur mes genoux.

« Vois-tu, 456-2.0, la vie ne s’arrête jamais. Nous avons peut être tendance à le croire, nous humains… Nous avons surtout tendance à nous arrêter, croyant faire infléchir le cours de l’histoire mais non !

Ce pouvoir n’est pas le notre. Mon pouvoir, personnellement, c’est d’avancer, toujours, d’essayer de mettre de la joie, de la sérénité, de la confiance en chacun de mes pas… Oui, sacré programme ! Et, comme tu le vois à ma coiffure, je ne suis pas Bouddah… Dans l’absolu, je ne suis pas Bouddah tel qu’il est représenté.

J’essaie juste d’en faire ma propre interprétation. Ce n’est pas évident, c’est une attention de chaque instant.

Premièrement, je m’applique à être là, déjà. C’est un très beau début. Et je monte mon petit mur à moi pierre par pierre, patiemment. »

Oui, voilà le gros mot prononcé. Honte à moi.

Je suis né impatient, je crois. Je sais que ma mère n’a pas eu le temps de souffrir. Ni de respirer. Deux contractions et le colis était délivré. La péridurale ? Je la garde pour plus tard.

Je crois que, par mégarde, je m’étais injecté cette péridurale au sortir du placenta. Les effets se sont faits ressentir longuement, s’atténuant petit à petit.

Et quand cela fut terminé, l’impatience m’a regagné. Eh oui ! Ce gros lot-là était pour moi.

C’est un drôle de compagnon de route, je mentirais si je disais avoir jamais su l’apprivoiser. Elle m’a bien plus asservi que je n’ai su composer avec elle.

J’ai failli acheter une montre aujourd’hui et puis… J’en avais déjà quatre… Et… Plutôt que de dompter le temps, j’ai pensé qu’il serait bon d’apprendre à vivre avec lui.

Je lui ai donc fait une place dans ma voiture. Pas celle du mort non !

Une place de choix, à mes côtés, pas à l’arrière. Je n’aime plus regarder dans le rétroviseur. C’est… Ce n’est pas que c’est inutile, cela reste instructif, chaque parcelle du moi d’aujourd’hui est née de cet avant. Je veux juste le regarder droit dans les yeux, pas par-dessus l’épaule, pas comme si j’avais honte de lui. Je veux être en paix avec lui.

J’essaie aussi de ne pas projeter mon regard au loin. Ce qui doit venir viendra et je saurai le voir assez tôt. J’aurai alors tout le temps de l’accepter. je ne veux plus craindre avant l’heure.

Je ne veux plus rien craindre du tout !

C’est une étape. C’est un exercice pratique. Être à la croisée des chemins, connaître la route à suivre, passer la première en signe d’allégeance à cette nouvelle philosophie de vie et s’arm…

Non ! Pas « s’armer » ! Simplement accueillir la patience. C’est mieux. Que la vie ne soit plus un combat pour moi.

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