Lisse

À la regarder, en l’effleurant seulement, tu jugerais l’écorce presque douce et son grain agréable au toucher.

Si je te laissais entrer, si tu posais une main, si tu écoutais, tu entendrais le tambour incessant.

Au-delà de cette surface de coton est ma furie si longtemps rejetée.

Je l’ai toujours perçue.

Je l’ai si longtemps niée, convaincu que c’était mieux ainsi, parce que seule la surface importait, qu’elle seule pouvait me faire aimer.

Murer les cris, les désirs et tous ces visages inacceptables à mes yeux.

Je me suis seul trompé, les personnes qui me connaissent me voient en profondeur.

La colère n’a jamais cessé de gronder, elle a inlassablement attaqué l’écorce, parfois en des violences déchaînées, et l’a meurtrie jusqu’à la maladie.

Cette brèche-là fut la première étincelle.

Je vacille à ces révélations.

Et si je lutte encore parfois, mes anciennes valeurs comme bouclier, contre ce barbare qui vient saccager mes tours déjà effondrées, je ne peux plus m’ignorer.

J’étouffe de me contenir.

Je décuplerais la bombe.

Je suis cela.

Je suis la furie, le grondement, le feu, j’accepte parfois ce qu’il ont à m’offrir, qu’ils sortent et s’expriment, et j’en accepte au mieux les conséquences, j’accepte que l’image chérie créée, maintenue, si longtemps protégée puisse en être écornée.

Car vibre en moi ma puissance exprimée, jamais plus je ne pourrai la taire.

4 réflexions sur “Lisse

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