Pom’ d’appoint

Novembre est venu, tous et toutes sont partis, oiseaux au ciel, feuilles au sol, fruits aux mains des ramasseurs vers des comportes.

Est-ce le vent froid porteur de neige, est-ce l’absence du soleil qui lézarde hémisphère Sud ? Arbre a les branches qui frissonnent de se voir tant nues !

Lui se lamente : n’a que la compagnie d’écureuils envahisseurs d’intérieur, qui y stockent des fruits secs alors qu’il les a bien prévenu de son allergie-coques.

Arbre éternue, et ses branches vibrent encore davantage.

La pluie mouille, c’est peu dire, et son courage à affronter les frimas à venir, et sa volonté à recommencer la même ronde au printemps… Pourquoi ? Pourquoi ? Pour en revenir dans 12 mois, racines trempées, à ce proche hiver qu’il exècre.

Alors, oui, s’endormira, et sève le nourrira, et, renaissant, sera bien plus joyeux. En attendant…

De son box, coincée parmi ses congénères, attendant que clayettes ne les emportent vers les étals, Pom voit son ami de toujours, seul, dehors, et elle le sent meurtri, lui si fort tout l’été durant, n’ayant jamais ployé au plus fort de Septembre, quant toutes encore se balançaient à ses bras, se gorgeant de soleil et de ses apports.

C’est matin d’emballage : toutes se pressent, s’approchent, veulent être du départ.

Pom’ reste à l’écart, se dit qu’un dernier coucou s’impose, comme une reconnaissance pour les soins qu’il lui a portés.

Pom’ voit l’interstice dans le bois, se glisse à contresens et, force le passage, jusqu’à se décoller un peu de peau et, chute amortie par une heureuse paille, roule, roule jusqu’à la porte ouverte du hangar.

Ainsi lancée, n’aura aucun mal, la pente complice menant jusqu’au verger, et, avant le ruisseau, bifurquera d’une virgule de pédoncule vers l’ami.

Roule, roule, prend de la vitesse, grisée, quand, choc !! – percute un caillou, plein milieu du passage.

Raaahhh ces cailloux !!!

Elle les regardait, quand encore accrochée à son rameau, eux squattant les abords du tronc, ne bougeant pas l’espace d’un sédiment, des mois durant.

Et Pom’ de s’interroger sur ces drôles de personnages, impassibles, neutres, minéraux. Plutôt insondables, les cailloux.

Sa première rencontre avec l’un d’eux est brutale.

Pom’ compte ses morceaux : 1…

Ouf !!! 1 !!!

Caillou s’excuse, sort d’un brunch avec Doubbah et sa clique d’illuminés, a forcé sur le chocolat, ne regardait pas.

Un caillou qui parle !! Pom’ n’aurait jamais cru.

Une pomme qui répond !! Caillou en a tant connu que rien ne saurait l’étonner.

Papoter, c’est bien mais, en l’état, les deux sont embêtés, chacun stoppé dans son élan sur terrain plat, par temps pluvieux.

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