Le caillou 12

Des semaines qu’il pleuvait sans discontinuer… Un P… de B… de M… de déluge !!!!

Caillou restait à l’abri, reclus en plein milieu de cette montagne, attendant qu’orage veuille bien cesser, Et il vit, lentement mais assurément, chaque jour le niveau de la mer monter, monter, monter.

Le 39ème jour, elle était cinq petits mètres en contrebas et caillou ne donnait pas cher de ses sédiments s’il restait là.

Nul autre salut que de continuer l’ascension.

Il se remit en route, bravant le sol glissant, quand un éboulis manqua l’embarquer avec lui… Mais pas de ça entre cailloux !!! Ils l’évitèrent soigneusement ! La confraternité minérale n’est pas vain mot !!!

Caillou pourrait vous en parler… D’ailleurs…

Sa jeunesse : son père invalide de carrière par la disgrâce d’un accident dans la mine (un P… de B… de M… de coup de pioche d’un de ces affreux mineurs), sa mère ne trouvant nul ménage, caillou dût dès l’adolescence, vendre sa peau à différentes oeuvres, hautes ou basses, pour subvenir aux besoins de la maisonnée, une ma-gni-fi-que maison en paille qu’un cochon leur avait loué.

L’histoire qu’il vous conte ici prend place en Moyen Âge, lors d’un assaut de château-fort.

Propulsé par une catapulte loin et haut, il retomba bas et lourdement, faillit rentrer en collision avec un mur de ses congénères, mais pas de ça entre cailloux… Confraternité, tout ça !!!… Il les évita, passa par une meurtrière pour atterrir en plein château assailli, en plein tumulte de côtes de mailles et d’ordres belliqueux.

Faillit se faire ébouillanter par deux hommes montant l’escalier une marmite plein d’un liquide chaud et jaune en main.

Oui, chers amoureux des émissions culinaires, c’était bien de l’huile et il en reconnut le son cristallin dévalant le mur extérieur, et il entendit fort et clair les cris de douleur des adversaires au pied des murailles.

Les défenseurs se défendaient mais les autres insistèrent et nombre de collègues de caillou, embauchés le même jour que lui, montèrent à l’assaut du château.

Ils essayèrent d’éviter les leurs mais, que voulez-vous, à grand nombre de cailloux lancés de manière aléatoire et dans tous les sens, mission était impossible.

Ils cognèrent fort mais s’excusèrent platement.

Entre cailloux, confraternité, quand on fait une bêtise, on assume.

Les pierres qui composaient la forteresse étaient de braves pierres, sympathiques au demeurant, elles acceptèrent les excuses, dirent que c’était pas grave, elles tinrent bon puis elles tinrent moins bon, puis elles cédèrent devant la maladresse répétée des cailloux projetés.

Murs s’effritèrent puis collapsèrent. On entendit des « Pardon », « Désolé » « Navré, je pensais qu’ça passait » puis, plus rien… Ne resta de tout cela que des cailloux dispersés, empilés, entassés…

Une pure orgie !! Le bon vieux temps, on savait vivre à l’époque !

C’est là que caillou connut cailloute 6, cailloute 7 et cailloute 8…

Mais bref, caillou s’égare… Las de tenter de grimper, caillou, s’arrête, regarde l’eau qui toujours monte, monte, et monte encore et plus vite que lui n’y arrive !

Comme il accepte son sort, s’apprête à re-flotter, un bateau grand et vaste, construction en bois gavée d’animaux de tous types, passe au près.

Caillou hèle l’embarcation, demande secours pour un brave caillou et un barbu humain apparaît.

N’a pas l’air belliqueux, n’a ni armes ni seau d’huile chaude en main.

Bien au contraire, caillou est invité à rejoindre le bord, le barbu affirmant : « Il m’en manquait un de sexe masculin… »

Ce jour-là, caillou apprit que ses parents avaient toujours éludé d’avoir cette discussion avec lui.

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