La fin des petites roues – diptyque 1 de 2

L’écrou de la première a résisté, le deuxième a cédé rapidement.

Ainsi délesté, le destrier tente une ruade qu’il maîtrise difficilement tant il a lui aussi envie.

Il est temps.

Il l’a su de suite, dès son réveil.

Il a mis le casque, zappé le petit déjeuner, foncé vers le garage pour en sortir la bête et, d’une sonnette appuyée, leur a intimé de quitter canapé et croissants.

La rue est déserte de si bonne heure. Dimanche ensoleillé flanche sur ses 9 heures du matin et, hormis eux trois, nulle âme. Les potentiels spectateurs en sont encore à observer le goutte à goutte de leur cafetière.

Se douteront-ils jamais de ce rendez-vous manqué avec l’histoire ?

Lui ne rêvait que de cela et il sait que, derrière la petitesse du geste, s’offre la grandeur d’une vie qu’il peindra à ses seules couleurs.

Il n’est pas inquiet, eux le sont, tentent de se rassurer en le rassurant; il resserre la sangle du casque pour qu’ils s’apaisent puis il agrippe les poignées, sur une des pédales pose un pied, la pointe de l’autre gardant l’étroit contact avec le sol.

Bitume et gravillons le narguent mais, genoux rompus aux chutes, il en faudrait plus pour éteindre son envie.

Il est temps.

Finie la ligne droite et le regard moqueur des chats qui l’évitent en marchant. Bientôt, il pourra virer, tourner. Bientôt, ils auront intérêt à savoir courir.

Il s’élance…

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