L’orque de Noël

Aüuürrrk était orque depuis toujours, toujours prenant effet à sa conception en eaux troubles jusqu’à son trépas à venir dans l’avenir.

Aüuürrrk adorait plus que tout approcher la banquise, piquer vers le fond de l’océan pour remonter verticalement, s’élancer jusqu’à se projeter sur la rive glacée et attraper un pingouin imprudent au passage.

Plusieurs fois répétait l’exercice jusqu’à satiété atteinte et, à sa dernière projection, avait habitude de squatter la terre enneigée, digérant tout en prenant soleil en une sieste méritée.

À son réveil, tentant marche arrière, ne sent pas nageoire dorsale toucher eau. Étrange !! Renouvelle expérience, toujours rien. Trois, quatre, six fois avant le ressenti délicat du clapotis.

Ouf, fait plouf !!

Cela dit, s’inquiète de l’étrange phénomène. Observe banquise et, tout partout, remarque qu’eau a reflué.

Pingouins approchent, constatent la chose, font les pas de plus qu’ils ne se seraient pas autorisé naguère afin de narguer le prédateur devenu inoffensif.

Orque vire au large, circonspect comme jamais. Nuit vient.

Lendemain pointant et ventre grommelant, rejoint le coin de chasse préféré.

Horreur, le cas s’est aggravé. Nul doute, terrible constat, Aüuürrrk comprend que, selon la prophétie de longue date racontée, nous assistons aux prémices d’un dé-déluge.

Ouiiiiiirk diraient les plus peureux, lui n’en fera rien. Il faut trouver solution plutôt que couler dans l’apitoiement.

D’autant qu’heures passant, niveau baisse, et le fond de l’eau jusqu’alors profond se rapproche dangereusement de la côte. Alerte totale chez les aquatiques !!

Réunion en urgence : certains proposent, comme cela fut fait par d’autres, de rejoindre la terre ferme et de se faire pousser des pattes. Vérification faite, le processus ayant pris des milliers d’années, on garde sous l’coude mais on cherche solution à plus court terme.

Aüuürrrk est fort. Aüuürrrk est un peu le pendant aquatique d’Oïyok, peut être le connaissez-vous ? Aussi propose-t-il que tous aident et qu’à base de ciment de plancton, de torchis d’algue et de tricot de méduse, on confectionne un aquarium de secours où tous – plus de deux de chaque espèce parce que c’est un dictat un peu radical à son goût – se refugieront le temps que ça passe.

En espérant que ça passe ! Parce que, si ça passe pas, ça se passera mal !!

Tous s’appliquent, tous aident à fabriquer et le récipient est terminé à temps, on le remplit, il ne fuit pas -ou alors très peu, de manière presque invisible au point qu’on élude l’inquiétude sur ce sujet- on le gave d’eau et d’autres hôtes et tous barbotent enfin en sécurité alors qu’inexorablement, autour, la terre s’étend.

Répit.

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