Couve-feu 5

Une légende vérifiée du Laarr¨d’Flygtuck nous informe, travail d’hélio-géomètre à l’appui, qu’ont été répertoriés pas moins de 1002 vents différents au pays des 1001-vents.

Vous dire si cela soufflait, poussait, remuait, renversait fort.

Aussi fussent-ils braves ceux qui, pas sans peur mais au dessus de tout reproche, s’aventurèrent là-bas.

Le traîneau glissait vive-allurant à travers une plaine blanche, chacun guettant qui, de celui-ci ou de l’autre vent, viendrait se glisser à leurs côtés pour aborder le vaisseau et saborder leurs espoirs.

Oïyok, percepto-précurseur Oïyok en sentit un s’annoncer à droite.

Oïyok dyslexique-non-décelé Oïyok cria immédiatement : « Attention à gauche !!! »

Le premier passage, c’est cadeau ! Façon de se présenter, histoire de repérer quoi souffler.

Aussi, quand éole d’un demi-tour sec revint au galop, qu’Oïyok informa qu’il revenait à droite, Ijdraja et Päatrok firent paravent à gauche, et l’onde, en les contournant, ne put assez s’approcher de flamme.

Rameutant d’un chuintement ses congénères, ce n’est pas 10, pas 20, pas 100, pas 1002 vents qui vinrent mais un tourbillon d’eux tous emmêlés et mettant nos héros dans sacré pétrin.

Flamme, déjà à ses 4èmes braises de morse, ondulait dans le chahut, chacun cherchant à sauver le sésame du mieux, d’un bras, d’une jambe… Aille, ça brûle… d’un éventail ou autre.

Et chacun de ces objets et membres, par tant de courants renvoyés-dispersés à gauche, à droite, ou inversement pour Oïyok, flamme fut soudain seule face au destin, seule face… À un trou d’air.

La panne de souffle, cruelle ironie en un pays où 1002 vents règnent, tomba à souffle coupé pour épargner l’équipée.

En une sauvage embardée, les pingouins profitèrent de l’instant pour gagner quelques mètres, et, vous en avez forcément fait déjà l’expérience : si vous laissez 2 mètres à un pingouin, vous ne le revoyez plus.

Les vents ne firent exception, regardant le traîneau fondre au loin, passant pile la frontière du pays des sans-vents (légende confirmée elle aussi par un non-hélio-géomètre) quand l’un d’eux grignotait, grignotait…

Rahhhhh !!! Si c’est pas rageant !!! Vent dit que c’était la faute de vent qui lui avait coupé la route, vent reprocha à vent d’être bigleux, vent bomba torse et vent ne fut pas impressionné, traita vent de « Sirocco à la noix », ce à quoi vent, qui a une fierté, répondit en bondissant sur vent qui l’évita et sauta sur l’assaillant.

Vent vint les séparer parce que B… de P… de M…, se sont déjà mis la honte il y a 5 minutes, faudrait voir à pas galvauder l’image qu’ils ont mis 10000 millions d’années à se construire !!!

3 réflexions sur “Couve-feu 5

  1. Mille vents de mille milliard de sabord, plus deux. ça fait un sacré nombre.
    Ils sont tous à l’âge du vent dans cette histoire.
    Je me demandais si le ressenti des températures aériennes par les héros de l’histoire correspondait bien à celles que le thermomètre n’indique pas dans le texte.
    En te souhaitant une excellente soirée, Patte.

    • Merci Jo,

      Forcément, ceux qui montaient oscillaient dans les -90° tandis que les descendants flirtaient avec les – 149°… Respect des théories scientifiques oblige, la légende s’adapte toujours !!

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