Couve-feu 3

On venait de là

Fallait voir flamme danser, célébrer, partir à gauche, revenir à droite… Farandole enflammée sautillait dans l’âtre.

Oïyok, pensif Oïyok réfléchissait à la lueur de ce spectacle.

Rentrer oui mais comment ??! Trouver un moyen de préserver et nourrir l’animal, aujourd’hui et les jours suivants, lors d’un périlleux voyage de retour jusqu’à chez lui, où il se rêvait accueilli à moufles ouverts.

Et traverser cette foule transie de froid et surtout d’émotion à la vue du retour d’Oïyok, prodigieux Oïyok, jamais battu, toujours vainqueur, revenu d’entre les brêles et nanti du sésame disparu puis réincarné.

Dans sa tête résonnaient cris de joie…

Cela dit, afin d’accéder à vivas et acclamations, il faudrait traverser un Été nord-nordesque que d’aucuns qui n’y connaissent rien auraient qualifié d’hiver austral alors que c’était clairement un été nord-nordesque.

Ils devraient des plaines gelées parcourir, et des montagnes escarpées gravir, et ces mêmes montagnes descendre en suivant, tout cela sans se perdre, avec comme seul point de repère le ciel étoilé comme carte.

Pas d’astrolabe ici, Oïyok, sens-de-l’orientateur Oïyok saurait se diriger à la lueur des chandelles en-cielées et ramener les siens chez les autres devenus les autres depuis qu’ils avaient chassé les siens et lui.

Oîyok, grelottant Oïyok, pensait à tous ces climato-sceptiques affirmant haut, criant fort que le refroidissement général ressenti ces dernières années n’était nullement révélateur d’une ère glaciaire en approche…

Ben, il aurait voulu les voir, à ses côtés, se caillant grave l’ensemble du corps et certaines parties davantage dans cet enfer blanc et froid et venteux et brumeux et plat et pas plat.

Paätrok et Idraya, ses enfants toujours vivants malgré le froid qui ne faisait pas de cadeau par ici, malgré les ours assoiffés de chair fraîche qui étaient sans pitié, malgré les orques dévoreurs qui ne perdaient aucune occasion de dévorer, malgré les pingouins non-domestiques qui paraissaient mignons de loin mais étaient de sacrées p… en vérité, bref Paätrok et Idraya qui mangeaient comme 2 x 2 et avaient réduit leurs réserves de nourriture à quasi-sinon-néant-presque-rien vinrent retrouver leur père,Oïyok, bien courageux Oïyok devant cette P… de B… de M… d’adversité latente de ce Nord-Nord vraiment peu amical, et réchauffèrent ce qui leur restaient de moignons non gelés au contact de la lueur orange-jaune.

« Père !! Il faut rentrer ! » dit l’un d’eux sans que le narrateur ne se souvienne lequel.

Oïyok pensa que ces gamins avaient beaucoup de g… mais qu’ils avaient raison.
Il était temps. Un épisode suffisait à prendre cette décision.

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