Concours agenda ironique de Juin 2018

Tout et son contraire

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C’est Carnets paresseux qui accueille et nous mitonne concours de 6ème mois dans lequel je vais sauter t’à-pieds-JUIN !!

Attention, hein ! Pas tout, tout de suite, ni tout de même, ou tout et n’importe quoi, encore moins tout le monde cherche son chat… mais, n’en déplaise à m’sieu Pagny, tout et son contraire !

Mode d’emploi : comme d’habitude, forme libre, chanson, poème, conte, récit, tarentelle, haïku, dictionnaire, encyclopédie universelle… avec toujours une dose d’ironie et une autre de calendrier. Disons quand même pas beaucoup plus de 700 mots. J’apprécierai qu’on glisse cinq des sept mots suivants : soleil, brousse, chaussure,  pingouin, tentacule, épuiser, vert, mais ça n’est pas obligé. Et faut-il s’inspirer de la photo cid’ssus ? ni obligé ni interdit, à chacun sa guise.

 

Son contraire et tout

Esprit de contradiction par nature, son contraire refusait qu’on le traite de Tout.

Déjà parce que Tout avait la fâcheuse habitude de s’arroger l’ensemble mais aussi parce que son contraire était humble de nature.

Tout fut là le premier, Son contraire vint à son tour.

Passer après Tout, c’est fortement risquer de n’être abonné qu’à miettes et ainsi se construisit Son contraire, à l’ombre de Tout.

Sans tomber dans le négatif, on peut aisément admettre que Son contraire était l’opposé de Tout, ce qui ne lui laissait que Peu.

Peu qui était sympathique au demeurant mais ne faisait pas Tout.

Bref. De quoi devenir chèvre, ce en quoi Son contraire se transforma un jour. Par magie ? Par dépit ? L’histoire n’ose se positionner !

Cela arriva un vendredi, mauvais calcul avéré car samedi était jour de traite.

Corvée achevée, Son contraire fut harnachée et attelée à carriole à raison de dix sous le tour ce qui était en dessous de Tout. Pardon… De tout !!!

Cruel recommencement ironique (qui prêterait bien à relatage dans un agenda ironique s’il en existait un !) de l’histoire mais, cette fois, la grande, celle qui ne prend pas de gants.

L’enfant n’ayant pas davantage jugé bon de s’équiper de cuir, Son contraire sur les rênes tira et, folle cavalcade, ils partirent à pas moins de 5 kilomètres à l’heure et demi, dévalant ce qui s’avéra être une terre sans colline, une terre plutôt plate.

Du coup, le dévalage fut court et dénivelé-free.

Délavé de honte, Son contraire retourna à ses premières amours par défaut : être de Tout le subside, ce qui, en mathématiques très appliquées, ne donne que Néant et fariboles.

Les fariboles durèrent tout un jeudi, Néant proposant de s’inviter l’espace d’une éternité.

Tout toussait de voir Son contraire si allergique-chafouin à sa présence et décida de minimiser leurs moments ensemble.

Tout partit d’un côté, revint forcément de l’autre et Son contraire, parti dans l’autre sens, tomba nez à tout avec Tout.

L’histoire, la petite, celle présentement décrite, risquait fort de tourner en rond en tout et pour Tout et cela gênait ce dernier un peu quand même, Tout timide qu’il était.

En ayant dans la caboche puisque, techniquement, il avait Tout… C’est du moins ce que son professeur des écoles avait noté sur son bulletin du dernier trimestre… Tout proposa à Son contraire qu’un jour sur deux, il devienne Rien, ce qui, par vases communiquant, ferait de Son contraire Ce qui reste… Et il s’avérait que, quand Tout était Rien, Son contraire devenu Ce qui reste était Beaucoup. Dans certaines régions, on l’affubla du sobriquet de Quasiment l’ensemble.

Les deux virèrent schizophrènes,Tout croisant parfois Ce qui reste… Quasiment l’ensemble manquant Tout à une minute près, Ce qui reste s’acoquinant de Rien.
Or, le jour où Son contraire se retrouva face à Rien… Oui, toi, le mathématicien qui lit a déjà compris !… Le contraire de rien n’étant Que peu voire Nul, le monde disparut en l’instant.

Moralité : Prendre des gants évite la fin du Monde.

 

 

 

16 réflexions sur “Concours agenda ironique de Juin 2018

  1. La redoutabilité de cette histoire est quasiment totalement redoutable !
    Faire disparaître une fois Tout en une fois Rien un jour sur deux de façon reproductible à l’infini, pour ensuite l’assimiler à Ce qui reste qui serait le bien nommé, Quasiment l’ensemble manquant, par un face à son point de départ, Rien, ne laissant rien du Tout, autant dire que c’est Rien aussi qui disparaît, c’est absolument l’équivalent de Tout multiplié par Rien, quelle chirurgicale opération que celle du chirurgien qui s’ôterait lui-même en totalité !!!
    Pour l’instant, il semblerait que l’histoire mette des gants.
    Rien n’est pas encore totalement disparu, il reste entièrement Rien. Tout non plus, puisqu’une part de Tout, c-à-d les autres et moi, sommes encore en mesure de te lire.
    Ouf !
    C’était moins une ! Merci d’avoir prévu le gantage (à ne pas confondre avec le grand âge) de la bonne moralité (à ne pas confondre non plus avec morbidité)… 🙂
    Ceci dit, je m’interroge encore à savoir si c’est moins une de Tout, ou moins une de Rien qui est à l’origine de la continuité du monde, mais je n’ai pas d’opinion.
    Aujourd’hui, est-ce le jour du Rien pour le Tout ou le contraire ?
    Quoiqu’il en soit, c’est une excellente mathématique, Patte, je n’ai absolument Tout compris mais j’adore.
    J’avais envie de rester coite d’admiration, mais comment rester muette devant une telle précision dans l’approche d’une logique mathématiforme si épurée et aboutie !
    Bravissimo !

  2. Jo, j’ai écrit ce texte dans l’espoir (fol et démesuré, du moins le pensai-je alors ) de recevoir un tel commentaire…
    Après, quant à savoir qui de Tout ou de Rien a commencé ou qui de Rien ou de Tout a fini, c’est Quasiment compliqué d’en être À tout le plus sûr…
    Nous mûrirons peut être cela dans nos tombes à l’occasion d’une espérée canicule !!!
    En un mot qui se suffirait à lui seul s’il était sur l’île déserte de la concision claire et précise, MERCI !!!!

    • Merci à toi Patte !
      En rebondissant sur la tombe, je viens d’aménager un loft-tombal climatisé, équipé d’une coupe du monde de Tout ou Rien, sur laquelle mûrit un projet de décomposition immaturielle. J’y suis très attachée. Toutes les chaînes sont câblées absolument sans « a » privatif car elles sont Tout public et communicantes, ça tombe bien.
      Pour le mot de la fin je te rejoins sur l’île du mot précis de la pleine gratitude.

  3. Bon jour,
    Je n’irais pas par quatre chemins : quel développement, diantre ! En fait, la seule certitude d’un Néant possible :  » le monde disparut en l’instant. » me fait froid entre les omoplates triangulaires et la tangente de la peur. Il est vrai que la mathématique de la chose impressionne pour l’ignorant que je suis sur ce sujet ô combien obscur entre le Tout et son Contraire deux frères ennemis qui semblent se chamailler et se rabibocher. Il en faut de peu que l’un l’autre ne fasse (face ?) qu’une seule et unique (pléonasme ?) entité. Mais en fait il est Quasiment impossible de ne pas perdre ainsi de telles individualités sans risquer une chamboulement de l’ordre du monde et de Beaucoup il Reste un Peu d’espoir pour que tout rentre dans l’ordre « imposé » d’une certaine réalité car « la politique » du changement engendre un Tout autre aspect de la régénération du Moi d’un Tout qui ne tient pas à se disperser dans le Néant du Rien pour Peu qu’il rencontre un Beaucoup Omnipotent et mathématicien … Il ne faudrait pas que me mon discours s’égara (et pas Hélène) dans le méandre d’un monde peut-être déjà disparu et sans « relatage » de cette histoire et au « Delavage » de mes mots, je tiens ici à saluer votre performance tout au contraire superbement conduite ….
    Max-Louis

  4. si j’ai bien compris, rien n’est commencé, mais tout fini, et cela, sans gant .
    et si je comprend tout, la patte dans l’encrier est donc gantée d’encre, ce qui est (ou devrait être) la classe ultime
    (ou son contraire, empatté d’encre gantée ?)
    miaou, donc, et plusieurs fois

    • Carnets, tu comprends tout mieux que Tout et tous, l’auteur compris et je m’incline (pas trop car je suis à cette heure en bord de gouttière) devant le thème subtil que tu as choisi et a fait pondre à un mammifère un traité de Tout et Rien qui ne le fait pas passer pour Bon à Tout ni Mauvais à rien !! Coin-coin !!

  5. C’est un canard une palme dans l’encrier ou je suis devenue chèvre ?
    Tout l’monde du monde est témoin, le chat vient de faire coin-coin !!
    Avec les coussinets entre les lignes, et le verbe en éventail, pour sûr, c’est le chat Saturnin !!!
    Bêêêêêêhhhh ça alors !!!
    J’appelle Sherlock Holmes pour la filature d’un auteur qui dandine du popotin sur la gouttière en se faisant passer pour un canard classé au patrimoine félin de l’humanité. Y’a palme sous gravillon.

Ron-ronne-moi un commentaire

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