Notre Drôme des pourris épisode 3 : un épisode feutré, incisif, confiné, scalpélisé de là à là

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L’institut scripturo-légal ouvrit exceptionnellement ses portes un samedi matin, jour traditionnellement réservé aux dissections de poèmes d’enfants.

Le caractère délicat de l’affaire, que la presse avait pompeusement intitulé « Affaire de l’incendie de la poubelle du marché du jeudi », avait nécessité ce changement de planning inopiné voire soudain voire carrément impromptu.

L’autopsie du corps de texte de la lettre de revendication du meurtre container-ien put donc avoir lieu, en présence de Flanagan-Johnson appelé à la rescousse car il avait un double des clés et le préposé aux clés n’avait pu être joint à temps. Du coup, comme le détective avait bien voulu se déplacer, personne n’osa lui demander de partir, c’eut été… Discourtois.

Les premières révélations furent qualifiées d’édifiantes par les milieux autorisés : en effet, le texte avait été écrit à la plume, sans qu’on sache si cette plume était couramment consacrée à la calligraphie où si elle s’adonnait à cette occupation aux heures où elle ne volait pas.

Le papier provenait d’un palmier peu commun, disparu au XVIème siècle, seulement répertorié dans deux îles de l’océan indien, l’île Maurice et l’îlot Marius.

Sur cette dernière information, le paperologue s’accordait une marge d’erreur de 3 centimètres coïncidant étrangement avec la même marge de 3 centimètres que l’auteur de la lettre avait respectée.

Ces faits mis bout à bout faisaient un plus grand bout mais, surtout, ils échafaudaient le profil du criminel comme étant à plumes, né au XVIème, mort dans ces eaux-là, sauf à être immortel ou à avoir eu un bateau pour migrer, ayant achevé un cursus scolaire lui offrant un phrasé élaboré.

Cela rétrécissait d’autant la liste des potentiels suspects,

Enfin, le corps du texte fut examiné à la loupe quoi qu’étant écrit plutôt gros : composé de trois strophes double-hémicyclées, il n’était que d’alexandrins composé et nous tint à peu près un langage avec beaucoup de rimes en « é » que l’on trouva un peu facile, une rime en « ir » plus audacieuse et, après comptage et re-comptage, un vers à qui il manquait un pied. Etait-ce là la première erreur du filou ?

Enfin, celui-ci finit en citant Eclythe le père, célèbre philosophe né il y a assez longtemps et son terriblement annonciateur « Incendium burnae étincellum bientum ».

Aucun des analystes présents n’étant capable de déchiffrer le grec ancien, on supputa seulement que cela ne présageait rien de cordial.

Cela se complique : soit vous suivez moutonnement parlant pour comprendre quelque chose et donc, vous filez ici vers l’épisode 2-bis  soit vous l’avez déjà lu, vous avez envie de progresser dans cette affaire et vous partez droit vers l’épisode 4

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10 réflexions sur “Notre Drôme des pourris épisode 3 : un épisode feutré, incisif, confiné, scalpélisé de là à là

  1. « Qui trop Flanaganise, mal Dodoïse », ce proverbe jurassien s’est propagé un peu partout comme la poudre d’escampette après l’autopsie dudit parchemin (puisqu’on peut le qualifier comme tel après l’autopsie, non ?) sensiblement altéré par l’odeur vagabonde quoique prégnante. Je me demande tout de même si la médecine légale n’a pas ses propres limites powético-prosaiques. Mais la question est : Flanagan ?

    • Je ne saurais à cette heure authentifier que ce texte est bien venu par un chemin ou s’il a préféré passer à travers champ, ce qui en ferait un « parchamp », ou encore emprunter l’avenue jouxtant notre rue, ce qui le qualifierait immédiatement de « parvenu », toujours est-il que la VRAIE question est posée par Anne : Flanagan ?
      A cette heure, nous pouvons juste déplorer qu’Anne n’ait pas daigné nous fournir la réponse adjacente.

    • Un suspense clairement intensifié par ces questions posées fort à propos ! Leo n’ayant pas souhaité, peut être par jeu, peut être par goût du suspense intensifié, induire ou inclure les réponses, même bis repetita qu’Anne ci-dessus citée, la direction artistique se voit fort marrie et plongée dans une purée de pois de suspense intensifié !!

      • « Réfléchir, telle n’est pas la question quand la cervelle s’épand et l’abeille en alerte », cet haïku marathonien répondra bientôt à la question centrale posée ci-dessus dans les hauteurs.

  2. Le coupable ne peut donc pas être le dodo : la preuve ici  » le texte avait été écrit à la plume, sans qu’on sache si cette plume était couramment consacrée à la calligraphie où si elle s’adonnait à cette occupation aux heures où elle ne volait pas » car comme chacun sait un dodo ne vole pas !

    • En effet, sont-ce ses ascendantes nobles ? toujours est-il qu’un dodo ne vole jamais ! Tout au plus subtilise-t-il ou dérobe-t-il parfois quand il n’attache-parlementaire point !

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