Notre Drôme des pourris : une enquête génèsique « supposée tout expliciter pour ceux qui ne comprendraient rien à toute cette histoire » de Flanagan-Johnson

index

Renvoyé de manière outrageante de l’académie de formation par correspondance des détectives chevronnés, l’incontournable AFPCDDC sise à Montélimar et offrant à tout futur diplômé l’assurance des meilleurs postes à pourvoir, Flanagan-Johnson avait su se relever.

Oublier ce que les instances avaient appelé LA bavure du millénaire, envoyer de sincères condoléances aux familles des 21 disparus, éponger son âme meurtrie dans l’alcool et les femmes… Persévérer dans cette dernière voie pour vérifier si c’était la bonne… Puis, enfin, tel un phénix amnésique, tirer un trait sur ce que lui préférait qualifier de petite bourde aux trop grands effets.

Mis au ban, posé entre deux chaises, il était à califourchon entre tant de décisions : bifurquer sur l’artisanat du bois, reprendre des cours de flutiste ou persévérer dans la résolution du crime mondial; sa conviction profonde, celle qui le nourrissait, cet incroyable amour pour la mise en arrestation, ses codes, ses habitudes, ses matraques bien utilisées, le bonheur incommensurable de passer les menottes, d’appréhender, d’énoncer les droits, de parfois les respecter, voilà ce pourquoi il était venu en ce monde.

Déjà, dans le berceau, il avait éduqué ses peluches afin qu’aucune ne sorte du rang. Sucettes bien alignées, biberons terminés au cordeau… Cette juste radicalité le suivrait toute l’enfance jusqu’à l’entrée à l’académie, jusqu’à ce qu’il convenait d’évoquer comme le ridicule incident déplorable.

Déplorable était le portrait qu’avaient dressé de lui ses supérieurs.

Il n’avait d’ailleurs pas insisté pour qu’ils établissent une lettre de recommandation : il saurait se vendre seul.

Ainsi, il avait ouvert son cabinet de détective six mois plus tard, un joli t2 bis de 75 m² au 3ème étage sans ascenseur, exposé plein Sud, plutôt spacieux qu’il avait repeint en blanc, couleur de l’immaculée justice qu’il comptait faire régner dans ce monde de brutes bio.

Ses premiers faits d’armes parlèrent pour lui : il démasqua le redoutable revendeur de légumes locaux qui se faisait passer pour un producteur, il mit fin au commerce illégal de panais sévissant dans la rue adjacente au marché du Jeudi, il révéla l’incroyable trafic de lapins de combat ainsi que l’atelier clandestin de fabrique de faux tickets de train non compostés.

Que de mémorables affaires étouffées par des médias aux mains de la police locale, cherchant à placardiser ce talent judiciaire évident qui leur faisait de l’ombre, surtout en pleine journée.

Sa petite affaire prenait son envol et il avait embauché, pour le seconder, notamment dans cette odieuse paperasse aux mains d’une administration végétalienne, une secrétaire : Il y eut Audrey, Cinthya, Samantha mais aucune n’avait le profil -ni gauche ni droit- idéal… C’est le lendemain d’un Mercredi, un Jeudi selon ses souvenirs, que toqua à la porte du bureau celle qui se révèlerait être son implacablement souple lieutenant, Ingrid.

Elle avait l’art de ranger les dossiers, même les plus difficiles, ceux posés dans l’étagère du dessus; elle se saisissait du marche-pied et n’hésitait jamais, posant un premier pied souple sur la première marche, un tout aussi souple sur la deuxième, allant jusqu’à se mettre souplement sur la pointe du pied pour accéder au rangement prévu pour les lettres « A jusqu’à E ».

Cette étagère serait bientôt au seul « D » dédiée et à un seul malfrat réservée. Celui-ci serait à Flanagan-Johnson ce que Moriarty était à Holmes, l’assurance d’une rivalité de talent, l’affrontement de deux êtres supérieurs, du Mal incarné (ou plutôt « in Carnets« ) contre le Bien réincarné (rapport au Phénix).

Tout commença le lendemain d’un Jeudi, un vendredi semble-t-il car les poubelles du marché renvoyaient les odeurs persistantes de marchandises bio pourrissant en leur sein.

Ce jour reste en toutes les mémoires comme le jour de naissance d’un esprit maléfico-pyromane, lequel matérialisa son vil et retors tourment en l’incendie d’un de ces containers, intensifiant d’autant les relents saumâtres des déchets bio consumés.

épisode suivant

14 réflexions sur “Notre Drôme des pourris : une enquête génèsique « supposée tout expliciter pour ceux qui ne comprendraient rien à toute cette histoire » de Flanagan-Johnson

  1. J’en ai mis des lunettes de soleil pour te lire !!!
    « D » comme Paresseux, c’est cousu de plume de Dodo blanche comme neige tout ça !
    Tous pourris, un pour bio ! C’est le nouveau slogan des composts de Compostelle associés. Au cas où Flanagan ne le saurait pas encore, tu peux toujours lui faire savoir. Je suis sûre qu’il appréciera.

    • Jo, attention, pas de jugement martial hâtif !! Chacun a droit au bénéfice du « gros doute » et il n’est pas dit que ce blog sera un lieu de perdition où chaque volatile sera décapité d’office !
      Merci pour le tuyau que Flanagan va aller creuser !

  2. Alors là, je dis tout simplement : au placard les auteurs de bio-piques ! Voilà un résumé clair et honnête de l’Histoire, avec un grand H comme dans « Hasse-moi-le beurre! ». Cela remet les pendules et autres vestibules à l’heure : oui, Flanagan-Johnson n’a pas à se déculotter devant les prétendus détectives de ses deux, cet Arsène poupin, cette miss Marpelette . Oui, son charisme et son talent d’élucidateur n’ont pas à pâlir de blancheur devant ce Poivrot ou autre Maigrelette. Vive Flanagan et sa très souple secrétaire ! Et le Dodo n’a qu’à bien se tenir : rira bien qui se déplumera du derrière !

    • Il n’y a bien que devant la bure de Sibelius qu’il rase les murs rapport au fait qu’il vaut mieux.
      Com’ je disais à peine plus haut à Jo, si tout semble indiquer le dodo comme ultime coupable, il est important de suivre la procédure réglementaire, à savoir que si le dodo venait à se présenter à une élection, il serait tout autant poursuivi avec bien plus grande virulence car la Justice n’est ni borgne ni aveugle ni atteinte qu’une terrible conjonctivite, elle voit, lit, devine tout et, tôt ou tard selon le fuseau horaire, elle alpague qui de non-droit !
      Merci Anne de soutenir l’action policière même dans ses débordements outranciers mais quasi-justes !!!

  3. Anne a raison ! l’Arsène Poulin, Miss Tartelette, Poilot Magret, ils peuvent tous aller se rhabiller. Le Flanagan, avec l’Ingrid, sont quand même les plus fumeux pour le coup. D’ailleurs, y’a pas un dodo qui pointe ses plumes par ici. Et si la justice était aussi quasi-juste que le fuseau horaire, elle aurait l’œil borgne sur le gros doute qui plane au dessus de ce monde de brutes bio.
    Et toc ! J’te martialiserait tout ça, moi !!! Nan mééééhhhh ! Il ne manquerait plus que le compost s’en sorte les mains propres.

  4. Rhoooo le mal incarné , quelle audace !!

    Sinon je suis inquiète pour cette phrase « Déjà, dans le berceau, il avait éduqué ses peluches afin qu’aucune ne sorte du rang. Sucettes bien alignées, biberons terminés au cordeau… Cette juste radicalité le suivrait toute l’enfance … »
    Mon fils aligne ses peluches ainsi tus les soirs , dois je consulter ?

Ron-ronne-moi un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s