La colline a des doutes

Les onze partis direction le Sud,  d’apparence, rien ne changea en le lieu de leur rencontre : la prairie paissait calmement, le vent virevoltait de branches en tiges, frottis-frottant les éléments, la faune avait repris ses quartiers, écureuils grignotaient, taupes creusaient, hérissons mise-en-boulaient et ce train-train dura tant d’instants à la queue-leu-leu qu’on aurait pu s’attendre à ce que cela demeura ainsi pour toujours…

Un brin d’herbe bruissa pourtant l’impensable. Chlorophylle, pas chlorophylle, il trouvait que cela ne rimait plus à rien : faute de protagonistes, cailloux, dauphins, poussin et Persiliade partis, leur petit tableau, au demeurant charmant, n’avait aucun intérêt. Tous les lecteurs avaient suivi l’histoire vers le Sud et ce Nord du Sud pouvait bien finir sous les ponts que le Monde littéraire n’en aurait cure.

Alors non ! Il refusait plus avant de pousser, de verdurer au Printemps, de roussir en Été comme de grelotter dans la neige d’Hiver pour rien, tout cela pendant qu’un Sud qui n’avait pas démérité, c’est vrai, n’avait rien fait de mal, c’est clair mais n’avait joué aucun rôle dans la rencontre des héros, en tirerait totale gloire tantôt.

Que d’autres recueillent les oscars l’insupportait.

Grève illimitée ! Son millimètre carré d’herbe serait en jachère jusqu’à nouvel ordre et hors de question qu’il remue au gré des vents comme si de rien n’était faute de nouvelle histoire et avec si peu de considération.

Le décor d’ensemble s’en trouva figé genre carte postale : si l’un d’eux commençait à ne plus suivre, c’était la porte ouverte à tout, bourgeons en Automne et hibernation au Printemps et cela, Mère Nature ne saurait l’accepter. C’était bon pour attirer foudre, tremblement de terre, cyclone ou autre raz de marée.

On décida de mettre au pas le révolutionnaire qui fut menacé de tout, de tonte, de non-arrosage, de quarantaine en Round-up, on appela ses parents qui se terraient à quelques mètres afin de le ramener à la raison.

Rien n’y faisait, le brin se voulait inflexible, restait muet et droit comme un « i » mais un « i » vert légèrement recourbé vers la droite ou la gauche selon que vous l’observiez du Nord du Nord ou du Sud du Nord.

Ultime solution, furent appelés à la rescousse Ernest et Raymond, les deux marmottes qui exfiltrèrent discrètement le renégat pour l’amener, selon la version officielle, à la campagne… Enfin… Dans une autre campagne, dans une ferme, chez un couple adorable qui s’occupe très bien de lui aux dernières nouvelles… Oui, exactement !!! Le même couple qui a accueilli Hector, le vieux hibou qui toussait fort et Barnabé l’acacia qui piquait…

Tout est bien qui finit…

 

11 réflexions sur “La colline a des doutes

  1. Ah, non, je viens de quitter les infos de notre pays : grève des bus et des contrôleurs aériens, après celles des camionneurs ! On séquestre le tout venant à tout bout de champ alors, pensez, une grève nouvelle dans le champ… , je ne peux point le supporter ! Et le Round-up, misère, cette infection que les lobbys ont imposé à tous ceux qui manquent d’imagination pour raser les mauvaises herbes. Trop, c’est trop, je n’en peut plus. Alors, oui, vive les marmottes. Ouf, un peu de calme dans ce monde de brutes.

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