Une histoire de plumes et palmes / Tome 3 of

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Cela n’avait pas manqué : les journaux du lendemain avaient fait tapage de l’affaire du « Kidnappeur de posts ».

La population s’inquiétait et on parlait déjà de lyncher tous les fabricants de gomme et d’effaceurs pour sauver la Patrie !

Le « The Midi-Depech » parlait de « Littérature sacrifiée », « The picard’tribune » retraçait la liste des affaires manuscrites non élucidées pendant que « Downtown reporter » proposait un dossier de 20 pages sur « Le danger derrière le clavier ».

Le maire nous avait convoqués le Colonel et moi dans son bureau à 6h42 pétantes.

« Messieurs, la situation est grave ! Les gens s’inquiètent ! Tous les parents craignent pour les blogs de leurs enfants, les réseaux sociaux conseillent de faire des doubles sur disque dur de tous les selfies en cul-de-poule ou de-chouette de nos bambins et on ne trouve plus une seule clé-USB disponible en ville !… Le 1er ministre m’a appelé pour me faire part des craintes en haut-lieu !… Si plus personne n’ose poster sa vie privée, nous allons devoir relancer les écoutes !

– Je… Je ne sais pas ! On patauge, je vous l’avoue… » lâcha le Colonel… « John, as-tu du nouveau ?

– J’ai une piste menant à un volatile qui a été vu en dernier en train de lire la victime…

– Oui, le dodo en question a convoqué la presse pour 7 heures, il doit faire une déclaration de non-culpabilité… Des bruits ont fuité, on parle d’un alibi ! » précisa mon supérieur d’une voix morgue d’outre-tombe caverneuse.

P… de B… de M… !!! L’animal l’a joué fine ! L’alibi est le pire ennemi de l’erreur judiciaire ! Comment le boucler s’il est innocent !

Je reprenais la parole :  » Mon indic m’a signalé qu’une vente aux enchères d’affaires dérobées se déroulait ce matin dans le Downtown-town au 126 ter, avenue des malversations. J’ai prévu d’aller voir s’il n’y aurait pas du texte littéraire maquillé en compte-rendu notarié.

– John, prenez le chéquier de la ville, faîtes ce qu’il faut, surenchérisez mais ramenez-moi ce P… de B… de M… de texte s’il y est. »

Le taxi se frayait un chemin dans la cohue voiturifère de 7h04-7h05 et la radio inondait l’habitacle d’un alibi en carton bétonné.

Le dodo affirmait plumes sur le cœur qu’il avait lu, commenté puis refermé la page mais, jamais au grand jamais il ne l’avait volée… De toute façon, il n’était plus là quand ça s’était passé.

Argument-massue : Il n’était plus là. Le grand jury l’acquitterait à coup sûr ! Jobougon avait manœuvré avec virtuo-sournoiserie avocatière et ma seule et unique chance de les faire tomber était bien de retrouver le texte perdu.

J’arrivai rue des malversations. Il y avait déjà foule au 126 ter.

J’allais entrer quand on m’attrapa par le col. Bodo-la-griffure !!!!

« Patron, rentrez pas là d’dans !

– Il le faut pourtant !

– Oui mais… Toutes ces enchères !!!… Patron, vous n’êtes pas sevré ! C’est trop risqué !

– Je sais… Mais… Il le faut ! »

Un terrible souvenir envahit mon esprit… Le Nam… Tchig-Tang-Peï, ville-grenier du vice et des brocantes frelatées.

Les images revinrent me heurter : broyé par cette guerre, noyé dans mes turpitudes, mes angoisses, je m’étais réfugié dans l’achat compulsif de services à thé en résine de bambou… Jusqu’au drame… Le capitaine Bobby !

Des souvenirs noirs sombre foncé que je devais affronter aujourd’hui ! Je n’avais plus le choix !

 » Il le faut, Bodo ! Je le dois à Bobby ! »

J’entrai !

 

 

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14 réflexions sur “Une histoire de plumes et palmes / Tome 3 of

  1. Moi ça me donne des sueurs cette affaire. Des sueurnoiseries que, je tiens à signaler, j’enregistre sur ma clef USB type C serial débit 3.1, sont en effet les preuves que les coupables n’avocateront qu’en présence de leur avocat. Je retire ce que j’ai dit, patte, Flanagan bosse on ne peut plus dur sur cette affaire. Une affaire qui, soit dit en passant, laisse perplexe. Jusqu’où va-t-elle mener ?

  2. To dodo, or not to dodo, de toute façon pour moi c’est l’heure de la couette, je viens déjà de me farcir Castle, alors si Flanagan commence à faire péter les heures, ça va mal finir, je le sens ça va mal finir !!-) Mes nerfs vont lâcheeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeir ! (en montant vers les aigus )

  3. muhaha
    « Si plus personne n’ose poster sa vie privée, nous allons devoir relancer les écoutes ! »
    Trop bien
    Et ouf le dodo a un alibi (T’es sûr que ce n’est pas un walibi son alibi ? )

      • valentyne, les walibis de mes walamis sont mes walibis…. et sans vouloir jeter le discrédit avec l’encre du bain, je trouve que ce détective impartial traine un sacré casier….(et pourtant, Pattedansl’encrier, c’est un pote)
        Tiens, au hasard, Papatte, lève le coussinet droit et parle nous de Bobby…ce serait pas un siamois ce bobby ? Et il lui est arrivé des bricoles ? à cause de qui, hein, Papatte ?
        allééééé, regarde ce joli service à thé en bambou-résineux….

  4. Et on dira que les Belges sont les maitres du non-sens ! Je proteste énergiquement. Il y a là matière à moutarder grave dans les neurones. P… de B… de M… n’y est pour rien, tout est de la faute à pas-de-chance sur laquelle Flanagan allait devoir se pencher grave avec sa secrétaire molle ! « Allez, en avant » continue l’encrier : « vous croyez que l’encre s’est débinée ? Encrez bien qui encrera le dernier ».

    • Mais bien sûr que les belges sont les maîtres du nonsens ! j’n’en veux pour témoins qu’Allais (Alphonse) et Lapointe (Bobi), deux fiers citoyens belges wallonophones originaires de la province utrafrontalière et occidentaloméridionale du royaume.
      pis y a Patt’encrée, mine de rien !
      et Borgès, mais c’est plus loin…

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