Les boulangeries qui n’aimaient pas les femmes qui se cachent pour mourir de Hurlevent – part 2 de 549

J’en étais là quand…

J’aurais pu en être Freud mais non… Des fois, j’en suis Jung mais guère plus.

Je continuais à analyser le sol jonché de débris calcinés quand, à 7h42, dans la cendre blanche du matin posant son voile immaculé sur les chocolatines et les croissants brûlés seulement d’un côté, une empreinte happa mon regard. yeti06

L’officier releveur d’empreintes fut formel dès 8h05 : C’était un gros Dodo faisant, selon ses calculs, 18 mètres de haut pour 6 de large. L’animal devait peser approximativement 352 kilos et 200 grammes.

« De la belle machine de guerre » me lança le sergent Smith. « Il te faudra plus qu’un filet à papillons pour attraper cela ! » canonna-t-il.

« J’ai déjà vu pire, tu sais ! » lui lançai-je d’un regard lourd de sens… « Au Nam… » Bon, c’était faux, je n’étais jamais allé là-bas et je n’avais jamais vu pire qu’un Dodo de 3 quintaux mais fallait marquer l’coup !

Smith baissa le regard et partit voir les Richard afin de les autoriser à retourner dormir. Non sans leur conseiller de changer leurs draps rapport au fait que…

A cet instant, 8h12, on me tendit un portable. C’était le colonel.

On l’appelait « le colonel » mais, techniquement, il n’était que commissaire divisionnaire.

« Mon colonel !

– Où en êtes-vous John ? Il est déjà 8h13 au… Top.

– Je récolte des indices ! Je pense que c’est le Dodo !

– Encore lui !… Diantre Parsambleu ! L’animal !

– Je vais l’avoir cette fois-ci, Colonel !

– Oui… Justement, je suis embêté John !

– …

– … On va pas avoir les moyens de 3 épisodes… Faut m’torcher ça en 2 !

– Et j’fais comment ?

– Je ne sais pas !! Accusez le proprio pour une sombre histoire de jalousie…

– Et pourquoi ?

– Rhooo brodez ! La femme aurait eu un bâtard avec une femme du coin… Qui pourrait s’appeler Fatima par exemple pour rajouter de la minorité visible…

– Et le dodo ?

– Sincèrement, John, il est 8h15… On en a déjà parlé ! Vous poursuivez une chimère…

– Euh ! Je crois plutôt que c’est un oiseau… Je reprends mes fiches.

– John, vous avez 26 lignes pour boucler l’affaire. Pas une de moins. »

Il raccrocha. Plus que 25 lignes. Je décidai d’user de toute la largeur de l’écran afin d’optimiser l’enquête. Après discussion avec Gridina de 8h45 à 9h56… J’avais vraiment envie de discuter… Gridina qui a d’ailleurs oublié ses bottes dans ma chambre dans l’âpreté de notre souple très souple discussion santiags-femme-cuir-rose… Je me rendais au domicile des Richard afin de les confondre. J’étais sur le pas de porte à 10h25.

L’air était vif. Vif comme un air de 10h26. Je toquai dans la même minute, Madame Richard ouvrait à 10h27.

« Inspecteur ! Il est 10h27 ! Avez-vous déjà élucidé le cas ? »

Pouvais-je leur dire que je n’avais plus que 17 lignes pour les faire avouer ?

« Dîtes-nous, je vous en prie ? »

J’étais vraiment ennuyé, elle se lançait dans un monologue qui grillait, une à une, les lignes avec la rapidité d’un éclair !

« Oui, s’il vous plaît ! » rajouta son mari, bâtard de voleur de ligne…

« Oui… En parlant de bâtard ! Justement… Je voudrais… »

Je vis Madame Richard blêmir… Le colonel avait vu juste !

J’étais sur le point de tout déballer, j’allais tout dire, j’vous jure quand…

Le téléphone sonna. Mr Richard répondit, il était 10h31 et deux secondes s’écoulèrent avant qu’il ne me tende le combiné. « C’est pour vous !

– Allo !

– John ! C’est le colonel ! Ne dîtes rien, ne dîtes rien ! Je me suis trompé de sombre affaire, j’ai confondu avec l’autre John qui est aussi sur une sombre affaire mais de noyade, pas d’incendie ! Un dauphin qui aurait suicidé un mouton noir…Vous, vous avez tout le temps, prenez un épisode ou deux de plus s’il le faut et coffrez-moi ce Dodo ! »

Il était moins une. Je pris congé à 10h36.

Du rab’ de lignes…

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7 réflexions sur “Les boulangeries qui n’aimaient pas les femmes qui se cachent pour mourir de Hurlevent – part 2 de 549

  1. Et à 10h37, je me demandais encore si le Colonel n’avait pas bu pour confondre les p’tites affaires (et les grosses). Quant à Gridina, elle n’a pas du tout, pas du tout, des goûts à la mode (de Caen). Le gros Dodo faisan est le coupable, n’en doutons pas car qui trop en doute, mal tétin.

  2. rappelons que le dodo a disparu vers 1640 sous les coups de stupides marins hollandais… de là à en faire le coupable de tout et du reste, y a un pas (cela dit, j’aimerai voir la tête des zollandaiflottants devant un dodo de 3 quintaux)…
    allez, inspecteur John et ne vous trompez pas de cible !

    • Ben oui, j’ai entendu cette histoire et faute d’avoir pu lire les rapports des autorités portuaires de l’époque disparues dans un incendie, je veux bien croire les chansons à ce sujet que, parfois, dans le port, y a des marins qui les chantent…
      Mais comment expliques-tu cette trace de patte éloquente d’éloquence ?

  3. L’ennui du Hurlevent, c’est que ça attise les flammes. Et puis il me semble que le Dodo persécuté dans l’histoire pourrait bien s’en sortir l’empreinte propre. Il faut toujours croire en la parole d’un oiseau rare.

  4. Je fus témoin de toute la scène
    J’ai très bien bi le monstre « faisant, selon ses calculs, 18 mètres de haut pour 6 de large. L’animal devait peser approximativement 352 kilos et 200 grammes. » Mais je suis formelle c’était un diplodocus pas un dodo …
    À suivre 🙂

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