De l’art mais pas du cochon

Silence les grillons *
Sur les branches immobiles
Les arbres font des rayons
Et des ombres subtiles
Silence dans ma maison, télé rendue au muet, voisines du dessus sans talons et se laisser bercer par l’art parlant de l’art, y puiser l’étincelle, rendre les honneurs au texte parfait.
Silence dans la maison
Silence sur la colline
Ces parfums qu’on devine
C’est l’odeur de saison
Se découvrir des sens trop peu explorés, accueillir des bribes de rien, les sons qu’on ne laisse pas s’exprimer d’habitude, arrêter de recouvrir la poésie des petites choses, vibrer de l’inconnu.

Mais voilà l’homme
Sous son chapeau de paille
Des taches plein sa blouse
Et sa barbe en bataille
Se scruter, chercher en soi la raison, le détail, ce qui pourrait expliquer qu’on ose se croire capable, qu’on se donne le droit de cité en ces lieux habités par le talent.
Cézanne peint
Il laisse s’accomplir la magie de ses mains
Cézanne peint
Et il éclaire le monde pour nos yeux qui n’voient rien
Et goûter au plus merveilleux sûrement, comprendre que rien ne sépare ces êtres illuminés de nous si ce n’est l’audace, l’inconscience, la folie assumée, le premier pas qu’ils ont franchi.
Si le bonheur existe
C’est une épreuve d’artiste
Cézanne le sait bien
Et quand on plonge, quand on se sent prêt, voir que cette épreuve n’a pas la définition qu’on lui donne, y voir la douceur, l’évidence qui nous manquait, la part de nous qu’on attribuait au divin mais qui sommeillait seulement.
Chantez les couleurs
Il y met sa vie
Le bruit de son cœur
Tapie au plus près du palpitant, une vérité qui nous attendait patiemment.
Quand, clos le tumulte inutile, éteintes les peurs infondées, effacé le doute, il ne reste que nous, notre essence qui s’exprime et imprime chacun de nos pas.
Et comme un bateau
Porté par sa voile
Doucement le pinceau
Glisse sur la toile
Face à une réplique dantesque, quintessence si difficile à côtoyer, ne pas se saborder, s’offrir l’espoir de voir les cimes ou juste les approcher… Déjà les approcher. Jusqu’à flirter qui sait ?
Et voilà l’homme
Qui croise avec ses yeux
Le temps d’un éclair
Le regard des dieux
Vibrant ressenti d’être accompli, d’avoir trouvé sa raison d’être, la porte vers sa vérité, un apaisement qui nourrit, remplit, complète, transcende.

Cézanne peint
Il laisse s’accomplir le prodige de ses mains
Cézanne peint
Et il éclaire le monde pour nos yeux qui n’voient rien
Et y voir… Au moins un peu… Discerner… Cligner des yeux pour mieux y croire. Et y croire définitivement puisque cela se présente à soi. Respirer comme on n’a jamais respiré, ou peut être juste une fois, la première, celle qui a scellé notre arrivée, nous a donné notre empreinte et attribué notre chemin.
Si le bonheur existe
C’est une épreuve d’artiste
Cézanne le sait bien
Quand Cézanne peint
Cézanne peint…
Le bonheur existe. Il est là. Présent. Si réel.

( * Cézanne peint – textes de Michel Berger)

2 réflexions sur “De l’art mais pas du cochon

    • Merci à toi ! Ton compliment me touche d’autant plus que cette chanson m’émeut au plus haut point, qu’elle est un eldorado personnel. Ravi d’avoir su retranscrire l’émotion qui viiiiiiiiibre en moi.

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