Super génèse 2

Conception-Day !!!

Âme errante sur un plan astral quelconque, me voila, sur un coup de bigophone de leurs subconscients, passé à l’état de minuscule chose, p’tit oeuf de rien du tout, espoir devenu réalité, contrat né de nos volontés communes.

Dans l’acte, il fut question de tacite reconduction d’amour universel, de partage des bons et heureux moments comme des tracas, petits ou grands, inhérents, inévitables.

Il fut fait état de connexion à jamais là, impossible à couper, fus-je peste ou ingrat, fussent-ils lâches et incapables de m’éduquer.

Les termes étaient définis.

Je me suis éveillé.

J’y suis venu les mains que je n’avais pas  encore dans les poches, insouciant.

Avouez qu’avec le recul, quand on connaît la charge, la responsabilité que d’être vivant, on peut juger cette « arrivée » com’ cheveu sur soupe ou comme la preuve accablante de ma légèreté légendaire.

Mais bon, pour l’instant, d’insouciance il y avait de quoi faire preuve, dans MA poche avec MON liquide tout autour pour Me protéger, avec MA Maman comme carrosse superbe et MA cour tout autour à roucouler Louis XIV’style…

Que d’attentions !!! On se sent messie d’être à ce point attendu, espéré, imaginé et chouchouté… Ils peignirent pour moi le ciel en bleu, me réservant un château avec des barreaux blancs autour duquel s’accumulaient présents et offrandes…

En attendant, je prenais le temps de développer mon Moi… Oui, tout s’annonçait rose…

« Rose !!!????? »

« Comment ça « Rose » !!!????? « Pourquoi ils parlent de Rose ????!!!! »

Il y avait un autre château, semble-t-il, avec SON ciel rose à lui, avec d’autres présents, autant d’offrandes comme autant de bavardages, de discussions qui, si j’en ressentais un étrange écho, ne m’étaient pas destinés. Clairement pas destinés.

Etrange !!!

A vous gâcher le plaisir !!!… Et c’est vrai, avec le recul, j’avais déjà ressenti cela, cette autre présence, ce je-ne-sais-quoi…  Même si je ne pouvais voir, faute d’en être arrivé à mon 7ème mois, j’en avais, au tréfonds de moi, le coeur net, j’en étais convaincu inconsciemment.

Et elle était là, cette voleuse de placenta, cette resquilleuse, cette… Raaa !!!

Raaaa quoi !!!

Elle était là, dans SA poche à elle, avec SON liquide à elle… Copieuse !!! Juste bonne à vous épier sournoisement et à faire pareil !!!!

J’ai bien compris son manège… V’là-t-y pas que je développais ma tête, un bras, l’autre que Mademoiselle faisait pareil… Pfff !!!!

A peine arrivé que déjà plagié… Je mettais cela sur le compte de mon talent mais bon… Je comprends mieux ce que ressent une ingénieur en fusion nucléaire qui se fait voler son tout nouveau noyau atomique à lui qu’il avait conçu avec ses p’tites mains pour s’en servir lui et qui le retrouve tout d’un coup en train d’exploser à l’autre bout du globe…

Râlant quoi !!!!

Bref, le temps s’écoulait, la poche d’à côté, elle faisait que copier, je tâchai de ne plus prêter attention mais c’était dur…

Et, un jour, comme je me réveillai de mes 6 heures de dodo, un froid anormal m’envahit… Le vide plus exactement… Un sentiment d’incomplétude jamais vécu… Un trou béant en moi… Et pourtant, j’étais entier, je m’observai… J’étais entier.

Entier mais seul.

Ma copie, celle que je m’efforçai de si bien détester n’était plus là…

« Comment ça, elle sort avant moi !!!??? Je refuse !!!! Je ne suis pas d’accord, je… »

Mais non… Pas de bébé à l’extérieur, juste une folle inquiétude, cette inquiétude qui m’avait, en fait, tiré de mon sommeil… Ma mère aux abois… Et moi, comme au milieu de ses angoisses… Seul. Perdu. Abandonné !!

Ma p’tite soeur était repartie là-haut comme elle était venue, sur la pointe des petons, non sans avoir, sur mon front, déposé le plus doux des bisous, celui-là même qui m’a laissé cette toute fine marque que personne sinon moi – et Maman – ne voit.

Elle est repartie. Comme elle était venue.

Et je m’en suis voulu !!! « Vilain Moi !!! J’aurais dû l’aimer, la garder, la retenir !!! »

Si seulement j’avais pu… Je m’en suis voulu, me suis détesté, j’ai craint qu’ils ne me haïssent d’avoir pris sa place, j’ai eu peur qu’on ne puisse jamais m’aimer comme elle aurait été aimée, j’ai pensé ne pas être assez bien pour la remplacer…

Je me suis pollué du pire que j’ai pu.

Mais elle n’était que de passage, son dernier baiser était, pour moi, une promesse, l’assurance qu’elle serait toujours à mes côtés, je l’ai compris bien plus tard. Et j’en ai été rassuré.

Vraiment rassuré.

Elle m’avait accompagné du mieux et voilà. Je pouvais désormais voler de mes propres petites ailettes.

Ma p’tite soeur… Que ne t’ai-je cherché longtemps… Dans des regards en ma direction, une main qui se tendait.

Tu m’as tant manqué, je t’ai crue partie à tout jamais loin de moi.

Alors que tu n’as cessé d’être présente. En moi.

Je le sais maintenant. Tout cet amour présent en moi.

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