After Midnight

L’heure et l’obscurité aidant, les sens se font différents.

La vue est oubliée, laissée à la porte d’entrée de l’imagination, du fantasme, et le toucher trouve là toute sa place.

Sur sa peau.

Douce, sa peau. Satinée. Onctueuse.

Immaculée.

La main ne peut.

Un, deux doigts seulement en effleurent délicatement l’épiderme, presque gênés d’oser l’approcher, hésitant à en saisir la si pure substance, avançant à pas feutrés.

Et de remonter des reins la chute, une chute d’o, une histoire, une aventure fantastique, une vallée autrefois interdite et tant espérée… En être fébrile, emprunté peut être mais emporté quand même. Surtout.

Et s’arrêter, revenir en arrière, dans un va-et-vient sentir cette échine qui frissonne légèrement, demande implicite, invitation totale.

Être, par une épaule, troublé, conquis, se rapprocher et, par l’acuité de son odorat se laisser guider.

Sentir la chaleur, cet adjectif du désir, nous prendre par l’âme, le cœur, le corps…

Et quoi de plus merveilleux pour lover sa passion qu’une nuque offerte.

Quoi de plus émouvant que ces secondes qu’on voudrait ne pas voir s’égrainer, dont on aimerait qu’elles prennent la pause, pour que le souvenir d’après soit plus qu’un souvenir, une empreinte indélébile.

Celle d’un duel corps-à-corps devenu havre de paix, terre d’espérance…

Et s’oublier… Et oublier l’extérieur, l’extérieur à ces murs, l’extérieur à ce lit… A jamais éloigné du reste.

Qu’il n’y ait rien d’autre.

Rien que ces cheveux ondulés laissés à l’abandon, sauvages, que cette paume n’espère que caresser, embrasser, dompter.

Dompter le tumulte en soi aussi, savoir prendre patience encore, d’un sourire accueillir ce bonheur vif, profiter et découvrir ce corps, lui offrir sa plus intime attention, savoir l’idolâtrer pour mieux encore le ravir.

Hésiter toujours mais hésiter en sachant que ce n’est qu’un temps, une rupture comme pour mieux encore revenir au moment, pour mieux l’investir, pour s’y abandonner surtout.

Et rassurés tous deux par ces minutes apprivoisées, savoir cueillir le nectar au final d’une longue sérénade tactile, portés par un torrent de soupirs, des regards qui se trouvent dans la pénombre…

Et cette fougue qui s’éprend de nous, nous met sous son joug pour ne nous relâcher qu’après… Mais pas là, pas tout de suite.

Là, tout de suite, l’étreinte est totale, le rythme des cœurs s’emballe, les gestes saccadent puis s’harmonisent, les corps se rencontrent, se trouvent, ne se contentent plus de seulement se frôler, l’adrénaline est seule maître, s’accoquine d’endorphines, nous affole, nous fait vivre, nous brûle, nous consume.

Emotions frénétiques… Violentes… A l’unisson.

Et puis, le besoin assouvi saura calmer l’ardeur, appelant en une seconde le néant, l’achèvement, l’épuisement et la satisfaction.

Ces corps resteront là, éteints et pourtant incandescents, emplis d’une flamme dont la braise restera vivante… Aussi longtemps que… Nous saurons nous rencontrer.

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